Bigorexie, lorsque le sport devient addiction
Inutile de faire comme si nous n’étions pas concernés ! L’addiction au sport touche un pourcentage sans cesse plus important de runners. Première constatation : la bigorexie ne concerne pas que les pros. Loin de là. Des coureurs de tous niveaux, même modestes, peuvent plonger dans une passion obsessionnelle qui entame petit à petit des pans entiers de leur existence.
Comme les autres formes de dépendance (alcool, tabac, anti-douleurs), la bigorexie est désormais prise en compte et soignée.Les traitements ont pour objet de redonner une vraie place aux choses – donc au sport – en libérant les personnes atteintes de cette force intérieure qui induit l’obligation de pratiquer.
Il est désormais acquis que certaines disciplines, et le running vient en première position de celles-ci, favorise la sécrétion d’endorphines, cette molécule naturelle qui déclenche (ce que les Américains nomment) ‘le runner high’, autant dire l’ivresse du coureur.
La première dépendance est d’abord là, dans le besoin de reproduire aussi souvent que possible cet état de légèreté et de quiétude qui suit un effort. Mais, en se structurant et en devenant bigorexie, cette dépendance s’attaque au psychique. « L’activité (sportive) peut finir par occuper une place disproportionnée dans l’identité de la personne et générer des conflits entre le sport en question et d’autres aspects de la vie », notaient en 2008 des chercheurs en psychologie du sport..
